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Le Centre Pompidou déroule le tapis rouge aux NFT !

NFT : Les tokens non fongibles débarquent au centre pompidou
Les NFT débarquent en plein coeur de Paris

Sommaire : Le Centre Pompidou déroule le tapis rouge aux NFT !

Les NFT ce n’est pas de l’art ! Voilà ce que disent la plupart des gens au sujet des œuvres numériques. Pourtant, le centre Pompidou a pris les devants en exposant pas moins de dix-huit projets d’art cryptographique. Alors, est-ce une folie, ou un coup de génie ? Chez NF3, nous avons déjà notre avis sur le sujet et nous allons voir dans cet article que les tokens non fongibles ont des pixels à revendre !

Les NFT sont des tokens non fongibles, qui permettent de créer des œuvres numériques
NFT bouquet de fleur tableau numérique au musée Pompidou

Exploration de la blockchain de l’art et des NFT au centre Pompidou

Treize artistes NFT se sont donné rendez-vous pour exposer leurs œuvres au centre Pompidou. Parmi eux, des pionniers de l’art comme : Claude Clsoky et Fred Forest, ainsi que des talents émergents comme le jeune artiste chinois Aaajiao, ou les français Émilie Brout et Maxime, qui pour la plupart ont fait don de leurs œuvres dématérialisés à la galerie d’art.

Des dons qui renvoient un message fort aux gens : « Les NFTs artistiques ne sont pas que pure spéculation financière, ils sont là, eux aussi, pour marquer l’histoire de l’art et délivrer un message ».

Pour preuves, Larva Labs, le projet derrière les CryptoPunks sont aussi au rendez-vous avec un don fait par l’entreprise Yuga Labs.

Ces acquisitions par le musée d’art moderne de Pompidou sont là pour montrer le lien entre la technologie blockchain des NFT (non fungible token) et la création artistique. Pour rappel, les tokens non fongibles sont une technologie blockchain qui permet de garantir l’authenticité d’un bien numérique, en le rendant unique. Ils ont plusieurs cas d’utilisation comme :

  • La création de titre de propriété
  • La tokenisation d’actif
  • La création d’un patrimoine digital
  • La création d’authenticité numérique
  • La démocratisation de l’art virtuel

Tout commence en 2008, quand une personne ou un groupe de personnes nommé Satoshi Nakamoto publie le whitepaper de la blockchain bitcoin. À partir de cette date, le marché de l’art a commencé à être bouleversé, aussi bien en termes de production que de circulation des œuvres. Nous pouvons citer la vente record de l’artiste américain Beeple qui a vendu son œuvre « Everydays the First 5000Days » pour la somme de 69,3 millions de dollars.

Mais ce n’est que de courte durée. Peu de temps après, le marché des NFT n’est plus que l’ombre de lui-même. La chute de Terra Luna et de FTX dans le marché des cryptomonnaies frappe fort. La confiance dans les tokens non fongibles commence à se disloquer.

L’exposition NFT du centre Pompidou : Un second souffle pour le marché de l’art numérique

L’art numérique ne date pas d’hier ! Déjà en 1960, il était connu par les spécialistes et les avant-gardistes du secteur. Ce n’est cependant qu’avec la démocratisation de la blockchain que cet art moderne prend son envol.

Mais pour quelle raison a-t-il fallu attendre si longtemps ?

Les NFT ont ouvert de nouvelles voies aux artistes, musées et aux collectionneurs :

  1. Les créateurs peuvent maintenant se passer des galeries d’art et foires d’expositions en s’adressant directement à leur communauté via les réseaux.
  2. Les musées peuvent désormais exposer des représentations virtuelles d’une œuvre physique. Un NFT de la Joconde pourrait très bien faire son apparition sous forme numérique ailleurs qu’au musée du Louvre.
  3. Les collectionneurs ont la possibilité de prêter ou de louer leurs œuvres numériques à d’autres, ce qui ouvre une nouvelle voie économique et financière.

Enfin, même si à la base beaucoup de projets n’ont été qu’à but lucratif, les vrais artistes ont su se faire entendre dans la communauté web 3 et réussissent maintenant à exprimer leurs talents et ce qui fait la valeur d’une œuvre comme : la créativité, la passion ou encore pour exprimer un message ou une position.

Le centre Pompidou s’est lui-même basé sur trois axes pour ne nous proposer que la crème de la crème de ce qui se fait en matière de culture numérique :

Axe 1 : le crypto art, inspiré par la technologie blockchain

Axe 2 : Des artistes qui traitent de l’art numérique depuis les années 90

Axe 3 : Les artistes plasticiens qui s’intéressent aux questions posées par la blockchain

Comme vous allez le voir, certains parlent de la sécurité réputée inviolable autour de la blockchain. D’autres viennent s’aventurer dans une nouvelle dimension de l’art avec la pixellisation.

Les œuvres dématérialisées à l’honneur au centre Pompidou

Les tokens non fongibles NFT permettent de créer des œuvres d'art numériques
Oeuvre numérique : Smoke Hands (Dark)
  • Artiste : John Gerrard
  • 1974, Dubin (Irland) Vit et travaille à Dublin et Vienne (Autriche)
  • Titre de l’œuvre : Smoke Hands (Dark)
  • Achat, 2023
  • Date de création : 2022

Smoke Hands (Dark) trouve son origine dans des tests menés par Gerrard au début de l’année 2022 à partir d’un algorithme générant des images de fumée.

Liant un geste d’offrande et un geste de destruction, Smoke Hands (Dark) évoque l’absurdité de notre rapport aux énergies carbonées fondé sur la dépendance et l’autodestruction. Une position résumée par l’artiste de la manière suivante :

J’aime l’idée que nous tenons un futur incertain entre nos mains ou que nous protégeons un système pétrolier mondial qui est par essence vouée à l’échec.

John Gerrard
Les NFT sont une technologie blockcain qui permet de rendre une oeuvre virtuel unique
Œuvre virtuel : Sentimentite (Mt. Gox Hack)
  • Artiste : Agnieszka Kurant
  • 1978, Lodz (Pologne). Vit et travaille à New York
  • Titre de l’œuvre : Sentimentite (Mt. Gox Hack)
  • Don de M. Konstantin Kudryavstrev 2023
  • Date de création : 2022

Le projet Sentimentite a pour point de départ les réactions produites sur les réseaux sociaux par des grands évènements depuis une décennie.

Des millions de réactions en ligne, ici suite à la faillite en 2014 de la plateforme japonaise d’échange de bitcoins Mt.Gox causée par un hacking – ont été transformées en données par un algorithme. L’artiste a généré cent roches numériques dont la forme transpose ces données en un volume virtuel. Frappées en NFT, ces roches peuvent être moulées dans la sentimentite,  « un minerai numérique » qu’elle a créé à partir d’objets utilisés comme monnaies alternatives à travers l’histoire.

la technologie NFT créé à la base sur Ethreum permet de rendre un objet numérique unique
Œuvre numérique : Bitcoin
  • Artiste : Robness
  • 1983, Harbor City (Etats-Unis). Vit et travaille à Los Angeles
  • Titre de l’œuvre : Bitcoin
  • Don de l’artiste, 2023
  • Date de création 2020

Simple reproduction du logo du Bitcoin (libre de droits), cette œuvre avait été retirée de la plateforme de vente SuperRare en 2020.

Cette exclusion rejoue, à plus d’un siècle d’écart, le débat sur le readymade de Marcel Duchamp. Œuvre appropriationniste, Bitcoin questionne les critères de la valeur artistique sur les plateformes de crypto art. Une déclaration inscrite dans la description du jeton en résume le propos de manière incisive.

Cette image est dans le domaine public et libre de tout usage commercial ,ici artistique

Robness

Echo au Dollar Sign de Warhol (1981) l’œuvre donne à penser le transfert du marché de l’art sur la blockchain.

La technologie blockchain permet de créer des NFT artistiques
Œuvre artistique : CryptoPunk 110
  • Artistes: Larva Labs, Matt Hall, John Walkinson
  • 1974, Dundas (Canada) 1975, Thunder Bay (Canada). Vivent et travaillent à New York
  • CryptoPunk 110
  • Don de Yuga Labs, 2023
  • Date de création : 2017

Intentionnellement places par leurs créateurs au croisement des « collectibles », du pixel art, de l’art génératif et de l’expérience informatique, les CryptoPunks sont rapidement devenus des étendards de la communauté du Web 3

Générés par algorithme à partir de traits prédéterminés, les 9999 CryptoPunks, tous uniques, sont des jalons importants de l’apparition de la technologie NFT et de sa diffusion comme moyen de commercialisation d’œuvres numériques. Initialement gratuits, ils ont notamment joué un rôle essentiel dans la mise en place de la norme ERC-721, un standard de NFT qui a contribué au succès de cette technologie.

Les NFT peuvent devenir des œuvres artistiques numérique grâce à la blockchain
Œuvre virtuel : Dorian Generatives
  • Artiste : Robness
  • 1983, Harbor City (Etats-Unis). Vit et travaille à Los Angeles
  • Dorian Generatives, 2020
  • Don de l’artiste 2023

Ce portrait représente l’inventeur présumé de la monnaie Bitcoin, Satoshi Nakamoto, dont l’identité a fait l’objet de nombreuses interrogations.

Depuis son message public en 2008 jusqu’à sa disparition du réseau en 2010, Nakamoto a entièrement préservé son anonymat. L’importance de son invention et le mystère autour de sa personne ont fait de lui un mythe contemporain. Robness imagine son portrait en nuage de points reposant sur un algorithme génératif et une couleur pop. Le titre est un hommage à Dorian Satoshi Nakamoto, un Japonais-Américain identifié par un journaliste comme étant le créateur du Bitcoin, ce que nie l’intéressé.

Nes tokens non fongibles NFT permettent de créer des tableaux numériques infalsifiables
Œuvre virtuel : Nakamoto (The Proof)
  • Artistes : Émilie Brout & Maxime Marion
  • 1984, Nancy (France) 1982, Forbach (France). Ils vivent et travaillent à Paris
  • Titre de l’œuvre : Nakamoto (The Proof) 2014-2018
  • Scanner HP N6350, leds, impression à pigment sur feuille backlit et impressions offset sur papier
  • Achat 2023
  • Date de création entre 2014 et 2018

De 2014 à 2018, Emilie Brout et Maxime Marion ont essayé de produire une preuve de l’existence de Satoshi Nakamoto, inventeur présumé et mystérieux du Bitcoin.

Pour ce faire, le duo d’artistes a contacté un groupe de faussaires sur le darknet et leur a commandé un passeport au nom de Nakamoto. Celui-ci est réglé en Bitcoin, cryptomonnaie largement utilisée pour les transactions illicites en ligne. Le passeport n’ayant jamais été livré, un scan reçu par les artistes avant paiement est la seule trace de son existence. Ce document, ainsi que l’ensemble des démarches effectuées par les artistes, sont donnés à voir à travers cette œuvre.

Les NFT sont une technologie blockchain qui permet de créer des tableaux numériques
Œuvre virtuel : NFTs_aaajiao
  • Artiste : Aaajiao
  • 1984, Xi’an (Chine° ; Vit et travaille à Berlin
  • titre de l’œuvre : NFTs_aaajiao, 2020-2021
  • NFT et dossier crypté au format ZIP, librement téléchargeable, contenant quatre images noir et blanc
  • Don de l’artiste en 2023
  • Date de création : 2020-2021

Quatre autoportraits de l’artiste aaajiao sont regroupés en un dossier téléchargeable gratuitement, mais verrouillé par un mot de passe réservé au seul acquéreur du NFT de l’œuvre.

Celui-ci est un ancien mot de passe de l’artiste, piraté et diffusé dans des bases de données circulant en ligne, ou il peut théoriquement être retrouvé par un utilisateur chevronné. NFTs_aaajiao tisse un fil entre la cryptographie, la circulation de l’information numérique et le piratage informatique, tout en soulignant les limites de la propriété privée de biens numériques, dont les NFT portent la promesse.

Les NFT ou tokens non fongibles permettent de créer des œuvres numériques sécurisées et infalsifiables
Œuvre numérique : NFT-Archeology
  • Artiste : Fred Forest
  • 1933, Mascara (Algérie). Vit et travaille à Paris
  • titre de l’œuvre : NFT-Archeology, 2021
  • Don de l’artiste 2023
  • Date de création : 2021

Pionnier de la vidéo, de l’art télématique et du net art, Fred Forest se positionne avec NFT Archeology comme un précurseur des NFT.

En 2021, Fred Forest met NFT-Archéology en vente à un prix public dépassant d’un euro celui du collage numérique Everydays-The First 5 000 days de Beeple, adjugé pour 69,3 millions de dollars. Le NFT de Forest consiste en une relecture d’une œuvre de 1996, Parcelle-Réseau, premier site internet ayant été vendu aux enchères avec un mot de passe dont seul disposait son propriétaire. Cette intuition d’un accès privatif à une œuvre numérique, plus de vingt ans avant l’engouement pour les NFT, explique le choix symbolique de son prix de vente.

Les NFT permettent de créer des œuvres virtuels grâce à la technologie blockchain
Œuvre numérique : Smart burn Contract 11 Hoarder
  • Artiste : Jonas Lund
  • 1984, Säter (Suède). Vit et travaille à Amertdam
  • Titre de l’œuvre : Smart burn Contract 11 Hoarder 2022
  • Achat du musé 2023
  • Date de création : 2022

Les Smart Burn Contracts sont des contrats engageant le propriétaire de l’œuvre ; s’il ne respecte pas sa parole, le NFT est brulé par Lund.

Qu’ils invitent à ne pas utiliser les réseaux sociaux pendant un an ou à atteindre la neutralité carbone, de nombreux Smart Burn Contracts scellent un engagement à rebours des mécanismes de productivité de notre système économique. Au sein de cette série, le principe de Smart Burn Contracts (Hoarder) est simple : le propriétaire du NFT ne peut vendre aucune œuvre de sa collection. Au Sein du musée, il joue ainsi le rôle symbolique de garantie de l’inaliénabilité des collections publiques.

Conclusion sur l’exposition d’art numérique du centre Pompidou

Après plusieurs heures à vagabonder dans le labyrinthe qu’est le centre Pompidou, me voilà enfin dehors. Encore émerveillé par les œuvres numériques, je me dirige lentement vers les tréfonds du métro en repensant à toutes les œuvres que j’ai pu découvrir. Toutes ces sensations que j’ai ressenties en lisant les descriptions des artistes et les messages qu’ils ont voulu nous faire passer.

À l’avenir, si l’on me demande pour toi les NFT est-ce vraiment de l’art ? Je répondrai oui sans hésitation.

Je vous invite à aller découvrir vous-même l’exposition d’art numérique au Centre Pompidou. Celle-ci reste présente dans le musée jusqu’en janvier 2024.

PS : à très vite dans l’écosystème web3 !

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